Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 09:52


Définition et délimitation

On appelle « média » un moyen de diffusion d'informations vers un grand nombre d'individus, sans personnalisation du message.

Les médias sont donc des intermédiaires entre la réalité des faits et des événements et la connaissance qu'on peut en avoir.

Au sens large, cela peut donc couvrir un nombre important de moyens d'acquérir de l'information ou de la connaissance, par exemple l'éducation reçue de nos parents ou à l'école, les medias culturels ou de loisirs (musées, conférences, cinéma de fiction, jeux vidéos,...) en passant par les conversations avec les personnes avec qui on discute.

Cependant, pour ne pas nous entraîner trop loin, nous en resterons aujourd'hui aux médias traditionnels, ceux auxquels on pense d'abord quand on prononce le mot :

  • la presse écrite (journaux et revues, quotidiens, hebdomadaires, mensuels,...)
  • la radio et la télévision
  • à un moindre degré, le cinéma, les livres, et, de plus en plus maintenant, Internet

Enfin, il faut faire une place à part à la publicité, qui utilise des moyens spécifiques tels que l'affichage, le publipostage ou le mailing.


Les pistes de réflexion

On peut réfléchir à l'influence que les médias ont sur nous en utilisant différentes approches pour aborder le sujet :


Le processus de transmission de l'information :

  • le contenu d'un message
  • la forme qu'on lui donne
  • le moyen utilisé pour la propager (le media proprement dit)


La nature des informations véhiculées :

  • des faits ou des événements (par exemple, ce qui s'est passé au cours d'une journée, les « infos » de la télé)
  • des opinions (politiques, religieuses, idéologiques,...)
  • des connaissances
  • des messages commerciaux (publicité)


Les acteurs de la transmission :

  • les émetteurs : ceux qui ont des messages à transmettre (hommes politiques, commerciaux, personnes d'influence, experts, témoins d'évènements,...)
  • les transmetteurs : ceux qui transmettent ces messages (journalistes, éditeurs, publicitaires, réalisateurs,...), avec les caractéristiques de leur média propre
  • les récepteurs : ceux qui reçoivent les messages (nous tous en général, ou les "cibles" de certains émetteurs : les adultes, les enfants et adolescents, les "ménagères de moins de 50 ans", etc)


L'objectivité de la transmission d'informations

  • objectivité de la source : qui a donné l'information ? Comment ? Y a-t-il des moyens de la vérifier ?
  • objectivité du média lui-même : qui a obtenu l'information ? Comment ? Le média ou la personne qui le représente est-il indépendant des groupes de pression ? La transmission déforme t-elle l'information ? Le traitement, résumé ou approfondi, est-il de nature à changer beaucoup le contenu initial ?
  • objectivité du récepteur : comprenons nous toujours ce qu'on reçoit, ou bien déformons nous le message reçu en fonction de nos croyances, de nos certitudes préalables, de l'attention dont on fait preuve sur l'instant ? Avons-nous tous le même esprit critique ? Doit-on croire tout ce qu'on nous dit ? Quels critères utiliser pour trier les informations reçues ?


Le cas spécifique de la publicité

Sa raison d'être :

  • informer sur la qualité réelle ou supposée d'un produit
  • faire vendre le plus possible

Les moyens

  • tous les medias sont utilisés, et même des medias spécifiques,
  • les slogans : arguments simplistes voire fallacieux utilisant des données psychologiques pour influencer le comportement
  • action sur l'inconscient pour faire entrer un message même chez les réfractaires

Les conséquences

  • l'information est biaisée, l'objectif étant de vendre
  • création de faux besoins
  • augmentation des consommations inutiles (consommer plus et non consommer bien)
  • focalisation sur le produit pour d'autres raisons que son utilité : il faut être à la mode, porter telle marque, aller aux endroits dans le vent, dire ce qu'on attend de vous, etc
  • normalisation des idées et des comportements


Analyse d'exemples de « médiatisation » personnels ou connus de tous

Chacun pourra évoquer une affaire connue de tous, ou alors une histoire personnelle qu'il essaiera d'analyser. Par exemple :


  • Un fait divers    (ex : accident sur un passage à niveau)
  • Le discours d'un homme politique   (notre président ?)
  • Un débat « contradictoire »         (les experts sur la crise financière actuelle)
  • Le militantisme (écologique, politique, religieux,...)    (les anti-nucléaires, les créationnistes)
  • Une erreur judiciaire (l'affaire d'Outreau)
  • La publicité  (comportement d'achat des adolescents)


On pourra voir, en analysant approximativement l'histoire de quelques événements, si les medias ont eu une influence forte sur leur déroulement ou leur issue.


On essaiera d'indiquer, à chaque fois, si telle ou telle histoire, vue, lue, ou entendue, a influencé notre comportement ultérieur, et aussi comment on peut essayer de se faire une opinion personnelle aussi objective que possible à partir des messages véhiculés par les médias, sans pour autant tout « critiquer », au mauvais sens du terme.


On examinera aussi comment, dans nos conversations de tous les jours, nous faisons référence, explicitement ou pas, aux medias de qui nous avons obtenu une information et comment nous nous la sommes appropriée.

Par Jean-Jacques Vollmer - Publié dans : Archives 2008-2009
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Commentaires

Et bien bonne chance à ce nouveau venu dans le monde des café-philos. Je me disais juste comme cela rapidement, que nous ne pouvons savoir certaines choses, ou en tous cas certains événements que par les médias. Sans les journaux, je ne saurai pas ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Il y a une sorte de "contrat" qui me pousse à les croire, sinon je ne m'informerais pas. Et pourtant quand on voit la presse officielle dans certains pays et parfois le nôtre, on sait que ce média est aussi un organe possible de désinformation. On est un peu "ligoté" non?
Commentaire n°1 posté par annick le 01/11/2008 à 09h39
C'est tout à fait vrai. La seule chose à faire est d'essayer de garder un minimum d'esprit critique quand on reçoit une information. Dans mon esprit, cela veut dire garder en soi un certain recul par rapport à ce qu'on nous dit, se dire que cela a de bonnes chances d'être vrai, mais éviter d'y croire à 100%, sans pour autant rejeter tout de manière systématique.
Ou encore, tenter de trier dans l'exposé d'un évènement, ce qui est purement factuel de ce qui est du domaine du commentaire ou de l'interprétation.
Réponse de Jean-Jacques le 01/11/2008 à 10h50
ou encore, aller en débattre au café débat ... !
Commentaire n°2 posté par mirabelle le 01/11/2008 à 11h06
Jean-Jacques, vous êtes un sage....
Commentaire n°3 posté par annick le 01/11/2008 à 11h46

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